J'avais essayé de donner un avis apporté par ma lecture du texte, mais le résultat (enfin, la façon de donner mon avis) ne m'a finalement pas convaincu. Disons que je trouve actuellement que ma lecture avait été assez superficielle, sans s'attarder aux relations entre les articles, et ce qu'ils pouvaient impliquer. De plus, je ne prétend pas ne tout savoir, et accepte de reconnaitre que je me suis trompé. Enfin, penser que je pouvais seul comprendre tout le texte était assez présomptueux de ma part.
Puis un ami m'a fait découvrir cette page. Il s'agit d'une conférence donnée par Raoul Marc Jennar, Docteur en Science politique. Son argumentaire ne reprend pas les défaut du mien. Il met bien en relation différents articles du texte, et indique leurs implications, en comparant avec la situation européenne actuelle telle qu'elle est définie par les traités précédents (Rome, Amsterdam, Maastrich et Nice).
Bref, j'ai trouvé son argumentaire percutant, et celui ci m'a donné à réfléchir sur pas mal de points. Du coup, je ne suis plus très sûr de mon choix du oui, et il se peut fortement que celui ci se transforme en non.
Si finalement je vote non, il ne faut pas interpréter ce non comme :
- un non à la politique actuelle du gouvernement: je ne vais pas reprocher à un gouvernement de droite de mener une politique de droite, même si je ne suis pas d'accord avec elle. Et dans tous les cas, le débat européen est un sujet différent de la politique intérieure.
- un non à l'entrée de la Turquie dans l'Europe: cette entrée est tout autant possible avec les traités actuels avec le TCE. Ce n'est pas un non au TCE qui empêchera l'entrée de celle ci si ça doit se faire.
- un non à l'Europe (non nationaliste ou souverainiste): au contraire, je suis pro-européen. Je suis pour un état Européen sur le modèle fédéraliste des Etats-Unis d'Amérique: un gouvernement central européen qui va dicter la politique globale de l'Union, avec des (anciens) états qui seraient l'équivalent des régions françaises actuelles. Concernant ce point, je trouvais que le texte du TCE était un premier pas dans cette direction, en ce sens qu'il instituait un poste de président et un poste de ministre des affaires étrangères européen, permettant à l'Union d'être représentée par une unique personne auprès des nations tierces, au lieu actuellement du bordel ambiant où chacun fait valoir son avis de son côté.
En revanche, il faudrait prendre ce non pour un « oui à l'Europe, mais pas avec ce texte »:
- oui à une Europe avec une politique sociale mise au même niveau de valeur qu'une politique économique libérale, non à une Europe où le tout économique libéral est clairement défini, et sans engagement sur le social.
- oui à une Europe où les institutions parlementaires ont des comptes à rendre aux citoyens, non à une Europe où le seul organe élu au suffrage universel n'a quasiment aucun pouvoir.
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Commentaires
Je partage les mêmes avis que toi à ce sujet, y compris sur le changement de position sur le TCE. Une seule question m'a permis de choisir :
Tortue GT"Puis-je faire confiance à ce texte et à ceux qui l'utiliseront ?"
Ma réponse est non !
"non à une europe où le seul organe elu au suffrage universel n'a quasiment aucun pouvoir" : ça c'est vrai aujourd'hui, et ça le restera si le non l'emporte.
Ali BabaSi le traité est adopté en revanche, le Parlement pourra :
- élire le président de la Commission (en France, le Parlement n'élit même pas le Premier ministre), qui est celui qui désignera les commissaires, en tenant compte de la couleur politique du Parlement ;
- voter une motion de censure contre la Commission permettant ainsi de la faire tomber, si la politique qu'elle mène est contraire au désir de nos élus.
"non à une europe où le tout économique libéral est clairement défini, et sans engagement sur le social" : là encore, c'est la situation d'aujourd'hui. Si le non l'emporte, il n'y aura aucun progrès, on en restera à l'Europe du tout-économique qui s'est construite depuis 1957.
Au contraire, dans ce traité les ambitions sociales sont pour la première fois inscrites noir sur blanc, au même titre que les ambitions économiques héritées de la CEE. La politique menée par la Commission et le Parlement dépendront ensuite du résultat des élections... comme dans toute démocratie ! ;-)