Partie I
Titre I
La définition de l'Europe est claire et me convient parfaitement, donc cette partie est un oui.
Titre II
Les droits accordés aux citoyens européens, sachant que la citoyenneté européenne ne se substitue pas à la citoyenneté nationale (article I.10.1) me conviennent aussi, donc un oui.
Titre III
La constitution permet un partage des compétences entre l'Union et les états membres, soit l'Union décide pour tout le monde, soit chaque état fait comme il veut, soit un mélange des deux (article I.12). Les compétences exclusives de l'Union sont définies dans les articles I.13 et I.17, et ne me semblent pas exagérées. Idem pour les compétences partagées (article I.14). Encore que j'aurais bien vu la recherche (article I.14.3) dans le domaine des compétences exclusives de l'Union. Dans l'ensemble ce titre est bon, et mérite un oui.
Titre IV
Ce titre décrit les différents organes de l'Union.
- Le parlement européen : élu au suffrage universel direct, il ne semble avoir qu'un rôle principalement consultatif (article I.20.1). C'est fort dommage sachant qu'il est censé représenter directement le peuple qui l'a élu. Pour ma part ça sera un non.
- Le conseil européen : constitué des chefs d'états et membres de gouvernement des pays membres, son rôle ne semble être que de conseil, sans aucun pouvoir de décision (article I.21.1). Rien de gênant pour moi, un oui.
- Le conseil des ministres : il a un pouvoir législatif et est composé d'un représentant de chaque état membre (articles I.23.1 et I.23.2). Rien dedans ne me choque, on va dire oui.
- La commission européenne : l'adoption des actes législatifs est le fait de cette commission, qui est composée d'un membre de chaque état, de manière opaque (article I.26.4). En revanche, celle-ci peut être dissoute par une motion de censure du parlement européen (article I.26.8). Malgré tout, cette opacité du choix des membres de cet organe décisionnel me fait dire non sur ce point.
De plus, l'existence d'un ministre européen des affaires étrangères est une bonne chose, car permettant de coordonner la politique extérieure de l'Union. Ce point mérite un oui
Pas de points contre la Banque Centrale Européenne (article I.30) et de la Cour des Comptes (article I.32) qui ne soulèvent aucune objection chez moi, donc un oui
Au final, avec une majorité de oui, mais deux points non assez importants à mes yeux, la réponse pour ce titre serait un oui mais
Titre V
Je n'ai pas tout compris au chapitre I, donc je ne me prononcerai pas sur ce point.
Le chapitre II aborde plusieurs points, avec entre autres la politique de sécurité et de défense commune (articles I.40 et I.41), ainsi que la solidarité entre états membres (article I.43). Ces points me semblent positifs, donc un oui.
Le chapitre III semble permettre la libre association d'états membres afin de mieux coopérer sur certains points. Un bon point qui mérite un oui.
Titre VI
Ce titre définit la vie démocratique de l'Union. Pas de problème de ce côté, ça sera un oui.
Titre VII
Le budget de l'union, là aussi ça sera oui.
Titre VIII
Les relations avec les proches voisins de l'Union. Il existe la possibilité d'avoir des accords privilégiés avec certains pays. C'est un bon point, qui peut permettre l'existence de « membre honoraire » de l'Union. Un oui pour ce point.
Titre IX
Ce titre traite de l'appartenance à l'Union. Il permet à un état de se retirer de l'Union. Rien à redire, un oui.
Partie II
La charte des droits fondamentaux (dignité, liberté, égalité, citoyenneté, justice, etc.). Aucun point négatif à noter, un oui.
Partie III
Titre I
Les fonctionnement généraux de l'Union. Pas de problèmes particuliers. La seule question que je me pose concerne l'article III.122 : les services d'intérêts économiques généraux (SIEG) correspondent-ils aux services publics, ou bien ont-ils un champ d'application plus vaste ? Dans le cas où cela concerne les services publics uniquement, la phrase « la loi européenne établit ses principes et fixe ses conditions [de fonctionnement] » me gène un peu, dans le sens où ça devrait être aux états membres de gérer leurs services publics comme ils l'entendent, chaque état n'ayant pas la même vision de ce genre de service. Sinon, dans le doute ça sera un oui.
Titre II
Ce chapitre traite de la non discrimination. Un oui.
Titre III
Chapitre I
- Section 1 : le fonctionnement du marché intérieur, rien de particulier à noter, un oui.
- Section 2 : la circulation des personnes et services, idem section 1, un oui aussi.
- Section 3 : la circulation des marchandises, libre circulation, un oui.
- Section 4 : capitaux et paiements, libre circulation là aussi, un oui.
- Section 5 : règles de concurrence.
- libre concurrence entre les entreprises des états membres de l'Union. Pas de problème de ce côté là, c'est la même chose qu'à l'intérieur des états, donc un oui, à condition que cette libre concurrence ne soit pas faussée par un monopole de fait (traité par l'article III.162).
- en revanche, l'article III.166.2 me parait peu clair : à ce que j'en comprends, les SIEG sont soumis aux mêmes règles de concurrence que les autres entreprises, mais les SIEG peuvent être exemptés de ces règles si celles ci gênent leur fonctionnement. Dans le doute, je ne préfère pas me prononcer sur ce point.
- Section 6 : fiscalité : rien qui ne me choque, un oui.
- Section 7 : dispositions communes, je n'ai pas tout compris, je ne me prononce pas.
Chapitre II
- Section 1: politique économique et monétaire, les politiques économiques nationales sont en grande partie ajustées à la politique économique européenne. C'est à mon avis une bonne chose, ça sera un oui.
- Section 2 : politique monétaire, je n'ai pas tout compris à part que la BCE est la seule habilitée à produire des euros, je ne me prononce pas.
- Section 3 : disposition institutionnelles, je n'ai strictement rien compris, donc pas d'avis.
- Section 4 : dispositions pour les états utilisant l'euro, rien de choquant, un oui.
- Section 5 : dispositions transitoires, concerne les états membres n'utilisant pas l'euro, et fixe entre autres les modalités de leur passage à l'euro. Je n'ai rien contre, un oui.
Chapitre III
- Section 1 : emploi, avec coordination des politiques nationales au sein de l'Union (article III.204.2). Un oui.
- Section 2 : politique sociale, à ce que j'ai compris, chaque état fait un peu comme il le sent à condition que ça ne fausse pas la concurrence (article III.209). Ce dernier point me parait assez dangereux, ça sera un non pour moi. Il est à noter que chaque état est libre de fixer ses propres règles de sécurité sociale (article III.210.5.a), ainsi que l'égalité entre les sexes (article III.214). Malgré tout, le III.209 laisse un trou grand flou pour faire pencher la balance du côté du oui.
- Section 3 : cohésion économique, sociale et territoriale, de bonnes intentions pour limiter les inégalités entre les régions, un oui.
- Section 4 : agriculture et pêche, je n'ai rien vu de particulièrement dérangeant, un oui.
- Section 5 : environnement, principe du pollueur-payeur, protection de l'environnement, etc. ça sera un oui, terni par le fait que ce point sera adapté aux différents états membres (article III.233.2)
- Section 6 à 8 : rien de choquant ici, un oui.
- Section 9 : recherche et développement technologique et espace, la recherche étant un point important au niveau du développement international, toute action susceptible de favoriser celle-ci mérite un oui.
- Section 10 : énergie, rien à dire, un oui.
Chapitre IV
- Section 1 : disposition générales, un oui.
- Section 2 : politique des frontières de l'Union, tout me semble normal, un oui
- Section 3 : coopération judiciaire civile, les justices des états membres doivent coopérer, un oui.
- Section 4 : coopération judiciaire pénale, les justices des états membres doivent coopérer, et l'Union peut décider de lois cadres sur certains points particuliers (article III.271.1). Un bon point, ça sera oui.
- Section 5 : coopération policière : les forces de polices peuvent coopérer, et s'échanger des informations pour le besoin d'enquêtes. Un oui.
Chapitre V
Les sections suivantes sont celles où l'Union peut mener une action d'appui ou complémentaire. Les domaines sont les suivants : santé publique, industrie, culture, tourisme, éducation, jeunesse, sport, formation professionnelle, protection civile, coopération administrative.
Les pays membres sont libres d'agir comme ils le veulent, à condition de rester dans les règles de l'Union.
Ce chapitre vaut un oui.
Chapitre VI
Les territoires associés aux états membres sont considérés comme faisant partie de l'Union, et suivent les même règles. Un oui
Titre V
Ce titre concerne l'action extérieure de l'Union. Il définit la politique extérieure de défense (articles III.294 à III.312), la politique extérieure commerciale (article III.314 à III.315), l'aide humanitaire (article III.316 à III.321), les accords internationaux (articles III.323 à III.326) et les relations avec les organisations internationales (articles III.327 à III.328).
Globalement positif, ça sera un oui
Titre VI
Je n'ai pas tout suivi sur cette partie, qui décrit le fonctionnement des institutions européennes (article III.330 à III.385), des organes consultatifs (articles III.386 à III.392), de la Banque Européenne d'Investissement. Ce titre aborde aussi les dispositions financières de l'Union (articles III.402 à III.436). Sur ce point, je n'ai pas réussi à trouver d'où proviennent les fonds de l'Union, si ce n'est que le parlement européen, le conseil et la commission doivent veiller à la disponibilité de ces fonds (article III.413).
Sur ce titre, je n'ai pas d'avis pour ou contre, donc je ne me prononcerai pas.
Partie IV
Cette partie concerne le remplacement des précédents traités par celui-ci, ainsi que les pays et territoires où celui-ci s'applique ou non. Ça sera un oui pour cette partie.
Ze conclusion
Au final, malgré certains points qui me gênent un peu, le bilan est globalement positif. Comme aucun texte ne peut être parfait, et qu'il faut savoir faire des compromis pour pouvoir avancer, j'ai donc décider de voter oui au référendum sur ce texte.
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Commentaires
Dans la mesure ou cette contitution ne sera pas modifiable si un seul article ne te convient pas il faut dire non.
pepinPenses tu que lire uniquement la version du ps (partie oui) te permet d'avoir des informations objectives, va faire un petit tour ici france.attac.org/.
Avant de se decider il faut au moins tester deux sons de cloches.
Apres cette constitution l'europe sera dirigé par l'argent comme un etat enorme qui est en train de faire la guerre et tué des milliers de gens pour ... quoi ... de l'argent !!
c'est un autre debat mais les motifs et l'origine des attentats son remisent en cause et la balance penche du cote de la magouille politico financiere www.reseauvoltaire.net/11...
et pour de l'argent, et nous en votant oui on va vers quoi, le meme dessein, et les meme objectifs que les US sachant par exemple que si nous etions sous le regime de la constitution au moment de la guerre en irak nous n'aurions pas eu la possibilité de la refuser !!
Justement, je n'ai pas lu "la version du PS", mais le texte de la constitution. Je l'appelle "condensée" car elle tient en 24 pages (petite police, 4 colonnes par pages), mais c'est le texte d'origine.
Arnaud BoudouJe me suis fait mon idée d'après le texte de la constitution, et non pas d'après les tenants du oui ou du non.
ZoeIl y a des arguments apolitiques que l'on voit malheureusement bien peu évoqués. Je laisse à ta réflexion cette tribune :
www.lemonde.fr/web/imprim...
Il est hallucinant que constatant le déficit démocratique européen, tu décides quand même de voter oui. Il est vrai que la démocratie n'est plus très à la mode. Les libéraux la méprise et préfèrent voir le monde comme une entreprise (tous ceux qui ont goûté au salariat savent que l'entreprise n'est pas un espace démocratique). Quant aux socialistes, ils ont piétinés leurs idéaux pour aller gambader joyeusement sur les terres des libéraux.
foxapoildurJe me permets donc de revenir sur cet aspect crucial du texte qu'est le rôle d'une constitution dans une démocratie.
Premier principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique garantit contre l'arbitraire et nous protège de la tyrannie (fut-elle économique) en assurant à la fois la séparation des pouvoirs et le contrôle des pouvoirs
L'esprit des lois décrit par Montesquieu est sans doute la meilleure idée de toute l'histoire de l'Humanité : tous les pouvoirs tendent naturellement, mécaniquement, à l'abus de pouvoir. Il est donc essentiel, pour protéger les humains contre la tyrannie, d'abord de séparer les pouvoirs, et ensuite d'organiser le contrôle des pouvoirs : pas de confusion des pouvoirs, et pas de pouvoir sans contre-pouvoirs.
Ainsi le peuple dit : « Toi, tu fais les lois, mais tu ne les exécutes pas. Et toi, tu exécutes les lois, mais tu ne peux pas les écrire toi-même. » Ainsi, aucun pouvoir n'a, à lui seul, les moyens de devenir un tyran.
« D'autre part, si l'un des pouvoirs estime que l'autre a un comportement inacceptable, il peut le révoquer : l'assemblée peut renverser le gouvernement, et le gouvernement peut dissoudre l'assemblée. Dans les deux cas, on en appelle alors à l'arbitrage (élection) du peuple qui doit rester la source unique de tous les pouvoirs. »
C'est ça, la meilleure idée du monde, la source profonde de notre quiétude quotidienne.
Foulant aux pieds ces principes fondateurs de la démocratie, le "traité constitutionnel" entérine au contraire l'attribution de tous les pouvoirs au couple exécutif Conseil des ministres + Commission. C'est ainsi que le pouvoir législatif (l'exécutif européen a l'exclusivité de l'initiative des lois ! ), le pouvoir exécutif, et le pouvoir judiciaire (c'est l'exécutif qui intente, ou pas, les actions en justice aux fins de respect de la Constitution) sont dans les mêmes mains !
Avec la confusion des pouvoirs, c'est un premier rempart essentiel contre la tyrannie qui nous échappe !
Avec une certaine cohérence, ce texte prive aussi le Parlement européen des pouvoirs élémentaires et essentiels que lui confère pourtant traditionnellement son élection au suffrage universel direct : le parlement européen n'a pas l'initiative des lois.
Ceci est un vice rédhibitoire, absolument pas négociable. Si on laisse passer ça, on est fous.
Le Parlement européen, seule instance porteuse de la souveraineté populaire par le jeu du suffrage universel direct, n'a également aucun moyen sérieux de contrôler et d'infléchir la politique menée par l'exécutif. Dans le meilleur des cas, il légifère en codécision. Il y a même une série de sujets qui lui échappent totalement !
Nombreux sont les "responsables" de l'exécutif européen, à commencer par les commissaires, mais surtout le Conseil des ministres, qui créent des normes contraignantes et n'ont pourtant de comptes à rendre à personne au Parlement. Un pouvoir immense sans contre-pouvoirs.
Le Parlement européen ne peut pas mettre en cause un commissaire, il ne peut que révoquer en bloc la commission et seulement pour un usage pénal, pas pour sanctionner la politique de la commission, ce qui limite considérablement son influence. Le Parlement européen ne peut pas renverser le Conseil des Ministres qui est donc absolument irresponsable.
Exemple de la toute puissance des commissaires : le commissaire chargé du commerce international est le représentant unique de l'Union dans toutes les négociations internationales (OMC et autres).À lui seul, cet homme concentre donc un pouvoir vertigineux. C'est à ce titre qu'il négocie l'AGCS (Accord général sur les services, version mondiale de la directive Bolkestein) au nom de tous les européens, mais dans le plus grand secret : il ne rend aucun compte au Parlement des négociations qu'il mène sur un accord qui va pourtant profondément changer la vie de tous les européens, et le Parlement ne peut pas lui imposer de rendre des comptes. On peut donc déjà observer des signes tangibles d'une dérive de type tyrannique. Et le "traité constitutionnel" verrouille pour longtemps un déséquilibre institutionnel qui le permet.
Comment les analystes et commentateurs peuvent-ils glisser là-dessus comme si c'était secondaire ? C'est l'Europe à tout prix ? N'importe quelle Europe ? Même non démocratique ? ! On n'a pas le droit d'en parler sans être qualifié d'anti-européen ?
On nous dit : « ce texte est meilleur qu'avant, il faudrait être idiot pour refuser de progresser ». C'est masquer qu'avec ce texte, on ne ferait pas que progresser : on figerait, on bloquerait, on entérinerait, on renforcerait, on donnerait pour la première fois une caution populaire aux auteurs du texte qui s'en sont dispensés jusque-là, on voit pour quel résultat.
Même mieux qu'avant, le texte proposé est absolument inacceptable, très dangereux.
Les partisans du traité présentent comme une avancée majeure le fait que désormais, avec ce texte, le Parlement votera le budget. Est-ce qu'on se rend compte de la gravité de la situation ? Aujourd'hui, le Parlement européen ne vote même pas le budget ! Il faut garder à l'esprit que, si le Parlement est faible, ce sont les citoyens qui sont faibles.
L'avancée (réelle) sur le budget est une man?uvre qui ne doit pas masquer l'inacceptable faiblesse : si les citoyens valident eux-mêmes que leur Parlement n'ait définitivement pas l'initiative des lois, ils se font politiquement hara-kiri.
Triste paradoxe que ces peuples, mal informés, qui acceptent eux-mêmes le recul du contrôle parlementaire, c'est-à-dire du rempart fondamental qui les protège de l'injuste loi du plus fort. Il deviendrait alors inutile, pour les citoyens, d'avoir une réflexion et une opinion politique dès lors que disparaîtrait la courroie de transmission du Parlement (la seule qui transforme nos opinions politiques individuelles en décisions et en normes juridiques générales).
Ceux qui claironnent la naissance d'un référendum d'initiative populaire à l'initiative d'un million de citoyens sont des menteurs ou ne savent pas lire : le traité ne définit qu'un misérable droit de pétition sans aucune force contraignante pour la Commission qui n'est qu'invitée à réfléchir et qui peut parfaitement jeter la proposition à la poubelle sans se justifier.
De la même façon, les beaux principes généraux et généreux, claironnés partout, privés de leurs modalités pratiques d'application, n'ont pas de force contraignante et font ainsi illusion.
Progressivement et subrepticement, en affirmant le contraire sans vergogne, les exécutifs nationaux, de droite comme de gauche, à l'occasion de la naissance de l'Europe, sont en train, de s'affranchir du contrôle parlementaire.
Les hommes politiques au pouvoir ne sont pourtant pas propriétaires de la souveraineté populaire qu'ils n'incarnent que temporairement : ni le gouvernement ni le parlement ne peuvent l'abdiquer (ou la confisquer) ; seul le peuple, lui-même, directement et en connaissance de cause, le peut.
Deuxième principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique est forcément établie par une assemblée indépendante des pouvoirs en place
Une Constitution n'est pas octroyée au peuple par les puissants. Elle est définie par le peuple lui-même, précisément pour se protéger de l'arbitraire des puissants.
À l'inverse, les institutions européennes ont été écrites (depuis cinquante ans) par les hommes politiques au pouvoir qui sont donc évidemment juges et parties : de droite comme de gauche, en fixant eux-mêmes les contraintes qui allaient les gêner tous les jours, ces responsables ont été conduits, c'est humain mais c'est aussi prévisible, à une dangereuse partialité. C'est, là encore, un cas unique au monde, pour une démocratie.
La seule voie crédible pour créer un texte fondamental équilibré et protecteur est une assemblée constituante, indépendante des pouvoirs en place, élue pour élaborer une Constitution, rien que pour ça, et révoquée après.
C'est aux citoyens d'imposer cette procédure si les responsables politiques tentent de s'en affranchir.
La composition assez variée de la Convention Giscard n'est pas un argument satisfaisant : cette convention est une mauvaise parodie, on est à mille lieues d'une assemblée Constituante : ses membres n'ont pas été élus avec ce mandat, ses membres n'étaient pas tous indépendants des pouvoirs en place, ils n'avaient pas les pouvoirs pour écrire un texte équilibré et démocratique : ils ont simplement validé, compilé (et légèrement modifié) les textes antérieurs écrits par des acteurs à la fois partisans et partiaux.
La réécriture du texte par les gouvernants au pouvoir, pendant encore une année après que la Convention ait rendu sa proposition, est une énormité de plus, sous l'angle constitutionnel.
On peut ajouter à ces 2 principes de droit constitutionnel, 3 autres principes déjà largement débattus mais qui méritent d'être cités :
1 Une Constitution doit être lisible pour permettre un vote populaire : ce texte-là est illisible. Une Constitution est la loi fondamentale, elle doit pouvoir être lue par tous, pour être approuvée ou rejetée en connaissance de cause.
2 Une Constitution doit être politiquement neutre : ce texte-là est partisan. En imposant dans toutes ses parties (I, II et surtout III) des contraintes et références libérales, ce texte n'est pas neutre politiquement, il impose pour toujours des choix de politique économique qui doivent évidemment dépendre du débat politique quotidien, variable selon la conjoncture. Ce texte infantilise les citoyens d'Europe : il nous prive tous de l'intérêt de réfléchir à des alternatives. À quoi bon continuer le débat politique, en effet, puisque toute alternative réelle est expressément interdite dans le texte suprême ?
Mise à part la constitution soviétique (qui imposait, elle aussi, une politique, le collectivisme), cette constitution partisane serait un cas unique au monde.
3 Une Constitution est révisable : ce texte-là est verrouillé par une exigence de double unanimité. Avec 25 États, cette procédure de double unanimité est une vraie garantie d'intangibilité.
Mais ce texte fondateur en trompe-l'?il est présenté aux citoyens à travers un débat lui aussi en trompe-l'?il
De nombreux journalistes, en assimilant les opposants au texte à des opposants à l'Europe, font un amalgame malhonnête : la double égalité "Oui au traité=Oui à l'Europe, Non au traité=Non à l'Europe" est un mensonge insultant, une inversion de la réalité, un slogan trompeur jamais démontré fait pour séduire ceux qui n'ont pas lu le traité et qui n'ont pas étudié les arguments, pourtant très forts, de ceux qui s'opposent à ce traité précisément pour protéger la perspective d'une Europe démocratique.
C'est, pour l'instant, l'Internet qui est le média le plus démocratique, non censuré, le meilleur outil pour résister.
La démocratie n'est pas éternelle, elle est même extrêmement fragile. En la croyant invulnérable, nous sommes en train de la laisser perdre.
A propos de l'intervention de Chirac sur TF1?
isaQuel est le bilan de cette Europe là ; le niveau de vie des Français en chute libre, l'explosion du chômage plus qu'ailleurs, une France dans les derniers de la classe au niveau des salaires, la libre délocalisation des emplois... C'est cela le nivellement social par le bas "à la bruxelloise". Et que dire avec un élargissement à 25 et bientôt plus encore ; bientôt, le niveau du smic actuel ce sera du luxe...
Voilà sur quoi les jeunes Français voulaient sensibiliser hier leur Président. Triste spectacle de voir un Chirac paniqué, les yeux apeurés appelant à l'aide, étonné et alarmé par cette confrontation inattendue à la réalité sociale de la jeunesse française, problème aigu sur lequel il n'est manifestement pas très impliqué, ni mobilisé...
Et ces jeunes français répétaient à juste titre la même question au 1er oui-oui de France ; "qu'est-ce que la constitution va changer à cette situation?" Eh bien, étant dans l'impossibilité de répondre (la bonne réponse est "rien", la constitution européenne c'est la continuité dans l'échec) il bottait à chaque fois en touche, se complaisant effrontément dans le mensonge pendant 2 heures. La seule fois où il a dit vrai c'est lorsqu'il a dit ; "même si le NON gagne, je reste".
Chirac, incapable d'appréhender la situation de la jeunesse de son pays et d'apporter des solutions issues de la constitution européenne (il n'y en pas) se contentait de leur dire ; "vous qui êtes au chômage, qui avez un emploi précaire ou sous-qualifié par rapport à vos diplômes, qui êtes sous la menace de délocalisations,... vous devez être fiers de cette Europe et ne pas avoir peur"! Sans commentaire...
Pour le 29 mai, il faut dire aux Français :
"N'AYEZ PAS PEUR DE DIRE NON !"
Le camp de la peur n'est pas celui que Chirac et autres dénoncent ; les peureux ce sont les partisans du OUI. Ce sont eux les résignés, ils ont jeté l'éponge en étant favorables à la constitutionnalisation de cette Europe bureaucratique et de son marché sans âme qui échoue socialement, humainement. Ce sont les oui-oui qui ont peur de changer d'Europe.
La France en disant NON ne sera pas comme le dit Chirac le "mouton noir" de l'Europe ; la France sera au contraire une locomotive européenne pour le changement. Et contrairement à ce que prétend Chirac, la France entraînera dans son sillage d'autres pays européens.
29 mai 2005 : N'AYONS PAS PEUR DE DIRE NON !
Sacrifier le rêve des hommes de s'unifier pour la paix, c'est mettre en péril son évolution et son avenir. Sacrifier un moment rare de grande humanité, c'est rêver que l'on peut ré-écrire l'histoire .
Isabelle de MarignyVoyance-internet.com
Je suis chaque jour plus perplexe en voyant monter un non dont j'ai du mal à saisir la maturité. J'ai l'impression que comme le héron de La Fontaine, ses partisans voudraient une constitution parfaite et surtout exactement conforme à leur vision du monde, sans comprendre que la politique est une affaire de compromis, un compromis obtenu, en l'occurrence, au terme d'un an de travaux de la part de l'assemblée dirigée, mais certainement pas contrôlée par VGE, et composée de multiples intervenants.
HuguesOr une large partie des critiques contre ce texte me semble contester des articles qui se contentent de reprendre des dispositions déjà en vigueur. Celles-ci ont été signées par des gouvernements successifs qui, jusqu'à nouvel ordre, avaient été démocratiquement élus et mandatés pour cela. L'euro, l'union économique, la disparition des frontières, on y vit depuis longtemps, et cela nous a plutôt protégé que nui (dans un contexte de mondialisation, le prétendu "nivellement social par le bas à la bruxelloise" serait bien plus fort si l'Union ne nous permettait pas d'obtenir au sein de l'Europe un ensemble de règles valables pour tous).
Mais surtout, j'approuve entièrement Isabelle : l'Europe est d'abord issue d'un rêve de paix. J'ai grandi en Lorraine, dans une région où la campagne est grêlée de trous d'obus laissées par deux guerres mondiales, deux conflits où l'Europe, par son égoïsme, sa culture des nationalismes, son sentiment de supériorité et le joug qu'elle avait imposé aux pays colonisés, a entraîné le monde entier. L'opportunité pour 25 pays de s'unir dans une communauté d'intérêt et de destin est un événement exceptionnel et je ne serai pas de ceux qui prendront le risque de ne pas saisir cette occasion. L'actualité internationale, tous les jours, nous montre que des opportunités de ce type reviennent rarement.
D'où cette question cruciale : rejeter la constitution, est-ce que ce sera modifier l'existence d'un "marché" européen qui existe déjà ? ou est-ce que ce ne sera pas plutôt, faisant précisément le jeu de l'approche uniquement économique qu'on prétend (ou croit de bonne foi) combattre, s'assurer qu'aucune progression de notre intégration politique n'arrivera avant longtemps ?
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