Un jour, j'avais quelques minutes à perdre, et pour m'occuper j'ai décidé de me lancer dans ma grande introspection du printemps histoire de voir ce que je pouvais en déterrer. En sont sortis deux points principaux, qui n'ont à priori rien à voir l'un avec l'autre, mais qui néanmoins me laissent songeur.

L'Univers

La théorie scientifique actuelle veut que notre Univers ait un cycle de vie : il est né, et mourra d'une façon ou d'une autre. Je n'ai aucun problème avec cette théorie qui de plus laisse à notre espèce (ou sa descendance) quelques milliards d'années pour trouver une autre planète où déménager et faire de grandes et utiles choses, ou bien de disparaitre définitivement pour laisser à une autre espèce un peu plus adulte le soin de faire des choses sérieuses.

Le problème est venu quand j'ai essayé de m'imaginer un Univers éternel, un Univers qui a toujours existé, et qui existera toujours. Autant je supporte sans aucune difficulté l'idée d'un Univers qui n'a pas de fin (ça laisse plein d'opportunités à la vie, quelle qu'elle soit), autant le concept d'une existence ayant toujours eu lieu dans le passé me met mal à l'aise. Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'avant l'Univers, et bien il n'y avait pas d'avant car il a toujours été là. Cette notion d'un passé infini choque étrangement ma vision de ce qui peut exister.

La mort et sa suite

Autre point de réflexion : la mort. Ma vision de la mort est des plus simples : on nait accompagné d'un Moi ou d'une conscience (je n'utilise pas volontairement le terme « âme », trop connoté religieusement, et donnant l'idée d'un second soi plus ou moins indépendant de son corps), on vit comme on peut ou comme on veut, puis on meurt. Et quand on meurt, cette conscience cesse tout bonnement d'exister, bon appétit aux vers qui passent derrière.

Il existe d'autres conceptions de la mort, avec une âme qui entre en jeu. Cette âme va soit dans un autre monde (Paradis, Enfer, Vertes Prairies de la Chasse Éternelle, Enclos de la Licorne Rose Invisible, bouteille de ketchup donnant meilleur goût au Monstre de Spaghetti Volant, etc.; ou bien cette même âme est réincarnée dans une autre existence terrestre. Ces théories ont toutes un point commun, c'est qu'il reste toujours quelque chose qui survit au décès de notre corps. Dans ma théorie, rien ne survit, à part les briques de base de notre organisme qui repartent dans la chaine alimentaire.

Le problème avec cette théorie, c'est quand j'essaye d'imaginer la naissance d'une autre conscience (bravo madame, c'est un magnifique petit garçon) après notre mort. Cette conscience a sa propre personnalité, et n'est clairement pas nous. Mais le fait de penser en même temps à la conscience disparue et à la conscience nouvellement apparue implique dans mon esprit l'existence d'un lien qui n'a pas lieu d'être. Parce que cette nouvelle conscience n'a pas connaissance de la notre, et ce qui fait que nous étions nous disparait définitivement. Même si cette théorie de la fin définitive me semble la plus logique, elle n'est pas la plus facile à tenir. Plus j'y pense, plus je me dis que les adeptes d'une religion ou d'une des théories nommées ci-dessus ont la part la plus facile des choses : il n'ont pas à se préoccuper de ce que deviendra leur âme, puisqu'elle est éternelle. Bref, la solution de facilité (bande de petits joueurs).