J'ai regardé dernièrement « Le sens de la vie » des Monthy Python. Il y a un sketch qui m'a marqué, celui nommé « La naissance : le Tiers Monde ». Pour le situer rapidement, il parle d'une famille catholique accompagnée de sa cohorte d'enfants, le tout en chanson.
Et là, plusieurs points m'ont (agréablement) surpris par rapport au paysage audiovisuel actuel :
- La chanson s'appelle « Every sperm is sacred » (Chaque semence est sacrée).
- Parmi les chanteurs et chanteuses se trouvent des enfants qui doivent avoir entre huit et douze ans.
- Les chorégraphies impliquent, entre autres, pas mal de nonnes et autres accessoires religieux qui chantent aussi.
- Le sketch, ainsi que la chanson, descend en règle les Catholiques et le Pape en ce qui concerne l'interdiction de la contraception. Les Protestants en prennent aussi pour leur grade, mais de façon moins marquée.
Considérant ces quatre points, et que le film date de 1982, soit plus de 20 ans, ce genre de scène pourrait-elle encore être diffusée en salles, ou bien ne serait-ce que trouver un volontaire pour la production et diffusion, sans se faire taxer de blasphème, d'entrainer des enfants dans des sujets qui ne sont pas de leur âge au risque de les traumatiser, et bla, bla, bla. J'ai la forte impression que non. En fait, j'ai même l'impression qu'à l'heure actuelle il y a petit à petit une sorte de remontée de la pudibonderie et du puritanisme. Bref, plus la conjoncture est difficile, plus les gens réprouvent les libertés de comportement. Il me semble que la société me semblait plus libérée à l'époque des Trentes Glorieuses que maintenant, même si je n'ai personnellement pas connu cette époque.
Dans le même genre, est-ce qu'un sketch de Coluche comme « C'est l'histoire d'un mec » (« c'est l'histoire d'un mec, mais un mec… normal… Un blanc quoi… ») passerait encore de nos jours ?
Et il va sans dire que je trouve ça dommage.
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Commentaires
J?avais eu cette discussion il y a quelques mois lors des 24 heures de la télé, une rétropsective de la télévision française des origines à nos jours.
David LatapieTu n'as malheureusement pas tord. En fait, c'est vicieux parce que, justement, on fait croire à la liberté (par le ton employé qui, lui, est effectivement plus libéré) pour mieux la limiter sous des prétextes fallacieux. Ça passe très bien avec les djeunz (du moins d'esprit), puisque les apparences sont sauves, même si le fond ne l'est pas. Avant, c'était le contraire, et je pense que le citoyen lambda trouverait effectivement la télé plus libérée.
mmh, moi je le vois autrement, je pense que cette "libertée de paroles, des mots", c'est déplacé d'un média à un autre, c'est à dire du média télévisuel vers l'internet. L'internet n'étant toujours pas vraiment considéré comme un média sérieux, alors que la télé et le cinéma répondent aujourd'hui à des règles prédéfinies impliquant une "auto-censure"... D'ailleur je me demande si c'est pas les même règles qui régissent aujourd'hui le média que sont les livres et autres journaux. Aujourd'hui on est quand même bien loin de Voltaire ou de Molière ... à part bien sur si on considère que découvrir un nouvel enfant caché à une célébrité quelconque soit une chose primordiale pour l'avenir du pays.
zakBon bien sûr le problème du net, c'est qu'il reste trop diffu, et qu'il est souvent difficile de trouver des informations sarcastiques digne de coluche. Mais il est quand même plus interressant de lire certains blogs (ex : l'histoire d'un proviseur gay interdit d'exercé à cause de ses moeurs), plutôt que de regarder un reportage sur le dernier fabriquant de peigne à base de corne de vache ou encore de lire un article anti-manga rempli de conneries dont le seul but est de dénigré un genre de BD au profit d'un autre (bon d'accord, c'était y a plus 10 ans, mais j'ai toujours pas digéré,...)