Imaginez une société ayant un besoin rapide et de faible durée de main d'œuvre pour une raison ou pour une autre. Elle a pour cela plusieurs moyens. Ou elle fait appel, via l'ANPE ou des petites annonces, à des personnes en recherche d'emploi pour un CDD (mode cynique : ou un CPE ou un CNE). L'autre moyen, préféré car plus simple, est d'embaucher des intérimaires en passant par une agence spécialisée.

Autre chose courante, une société produisant des biens de consommation a besoin de régulièrement changer sa gamme afin de pouvoir capter l'attention du consommateur et de créer chez lui un besoin, besoin qui sera comblé par l'achat des dit produits.

Maintenant, transposons ces deux schémas dans le monde du spectacle.
Parce que les « artistes » jetables de la saison précédentes commencent à s'essouffler en terme de popularité et de retour sur investissement (les produits dérivés), l'industrie du spectacle (j'adore le terme « d'industrie » associé à quelque chose qui aurait pu être culturel) va avoir besoin de créer de nouveaux « artistes ». Vu qu'il n'existe pas d'agences d'intérimaires spécialisés, il suffit simplement de les créer. Et c'est là qu'apparaissent des émissions telles que « A la recherche de la nouvelle star » ou « star academy » (et dans une moindre mesure les dérivés comme « l'ile de la tentation », « loft story », etc). Je ne vais pas parler du terme de « star » utilisé dans ces noms d'émissions. On devrait plutôt parler de « célébrité temporaire », la star étant plutôt la personne ayant eu une vraie carrière artistique. Par contre, ils ont eu la décence de ne pas utiliser le terme d'artiste.

On va avoir plusieurs candidats qui vont devoir se vendre pour être l'intérimaire principal pour la prochaine année (dans la plupart des cas), au mieux des deux prochaines années, au pire des deux prochains mois. Bref, il vont passer par les stades suivants : parfait inconnu --> bête de cirque (pendant les émissions) --> produit jetable --> has been. Plus souvent, ils passent directement du stade « bête de cirque » à « never been ». Les personnes au stade de has been et never been sont faciles à reconnaître, elles sont invitées aux émissions de Ruquier ou Arthur.

Bref, pour en revenir au titre de ce billet, nous avons les candidats de ces émissions, gagnants ou non, qui sont les nouveaux intermittents du spectacle. Mais de toute manière on s'en fout : quand on veut s'exposer aux yeux de tout le monde pour devenir le nouvel effet de mode de l'année, on ne peut pas venir ensuite se plaindre du retour de manivelle.