Les chiffres
Un des points communs des démocraties occidentales, fonctionnant selon le modèle de la démocratie participative, est l'intérêt de moins en moins important que portent leurs populations aux élections. Ce moindre intérêt se traduit par une abstention plus importante aux élections :
- 40% aux législatives 2001 au Royaume-Uni
- 53,3% aux dernières votations fédérales en Suisse
- 68,5% au référendum de juin 2001 sur le Traité de Nice en Irlande
- 69,3% au référendum sur le quinquennat de 2000 en France
Ces chiffres sont assez révélateurs de ce désintérêt.
Les conséquences
Ce manque de participation a une forte conséquence : seule une minorité de la population en âge de voter participe à l'avenir politique de la nation. Les choix d'une minorité vont influencer l'ensemble de la population. Par contre, l'ensemble qui ne sera pas forcément d'accord avec les choix proposés, mais n'aura d'autre choix que de subir ceux-ci. Mais quand elle sera mécontente, elle ne se gênera pas pour le faire savoir. Assez paradoxal non ?
Les éventuelles raisons
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce manque d'intérêt envers les élections et autres référendums.
Tout d'abord, le sentiment de ne pas être écouté. Pourquoi aller voter si on a le sentiment que, quelque que soit la personne pour laquelle on vote, notre avis sera ignoré, et que la personne élue fera en fonction de ses intérêts propres (ou ceux de ses amis / famille / relations professionnelles) au lieu de l'intérêt national.
Une autre raison fréquemment évoquée, est celle qui consiste à ne pas voter parce qu'aucun candidat ne convient. Cette raison parait au premier abord logique, mais même s'il n'existe pas de candidat qui répond entièrement aux attentes de l'électeur, il en existe bien au moins un qui s'en rapproche le plus possible. Après tout, la vie est faite de compromis. Alors pourquoi pas le choix du candidat pour lequel voter.
Enfin, il reste l'abstention de protestation : ils ne veulent pas écouter mon avis, alors je ne les aiderai pas à avoir le pouvoir. Si cette démarche ressemble à la première raison, celle-ci est plus « active » que la première, dans le sens où cette fois-ci ne relève pas d'un simple « laisser aller ».
Comment augmenter la participation
Trois méthodes viennent à l'esprit, dont une plus vite que les autres :
- le bâton : rendre le vote obligatoire
- la carotte : attirer le chaland pour qu'il aille voter (Je n'arrive plus à retrouver le lien où un pays d'Europe Centrale voulait attirer l'électeur avec une bière au bureau de vote. Si vous retrouvez la référence, n'hésitez pas à laisser un commentaire à ce sujet).
- l'intérêt : il s'agit d'attirer l'électeur parce que celui-ci aura à y gagner à participer à la vie politique.
Il va sans dire que les deux premières solutions ne sont que des pis-aller, ne responsabilisent pas l'électeur, et si elles corrigent la conséquence, ne touchent absolument pas à la cause de l'abstentionnisme.
En revanche, il peut être plus intéressant de réformer les institutions afin de rendre le vote plus attirant pour l'électeur. C'est une des pistes qui a été étudiée par le Conseil Européen, qui est bien conscient du problème. Mon prochain billet abordera le sujet des institutions, de la façon dont j'aimerais les voir évoluer afin d'améliorer leur intérêt pour l'électeur potentiel.
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Commentaires
Ce ne sont pas les institutions qu'il faut réformer c'est la manière dont les politiciens pratiquent la politique.
ericRéformer les institutions avec le même comportement des politiciens ne changera en rien le problème du désinterêt des francçais pour la politique.
C'est parfois un peu facile de rejeter la seule responsabilité sur le comportement des politiques. Si les français veulent qu'ils changent de comportement, ils ont qu'à voter autrement, au lieu de tout le temps se plaindre ! Changer les institutions peut permettre de mettre fin à certaines dérives de la 5 ème république : impunité, "monarchisme" républicain, éloigement des élites des préoccupations quotidiennes des français, par exemple. Ce ne serait pas une révolution, ce serait juste indispensable !
DroopQu'est ce que tu appelles "voter autrement" ?
ericPersonnellement, je vote à toutes les élections depuis que j'ai 18 ans (cantonale, municipale, régionale, legislative, présidentielle, européenne et référendum) et même si parfois mes choix l'emportent, j'ai quand même l'impression que les politiciens se foutent des électeurs une fois arrivé au pouvoir.
Et à 32 ans, je me demande parfois à quoi cela sert de voter.
Changer les institutions > Tout à fait d?accord, c?est les politiques qu?il faut changer. Je ne me souviens plus qui a dit ça, mais en France, on passe son temps à faire de nouvelles lois, au lieu d?appliquer les existantes. Ça relève de la même chose.
David LatapieVoir « Prenons exemple sur l?Allemagne »
blog.empyree.org/?2005/06...
excuse moi mec mais ça sert à quoi que t'annonce des parties si tu les suis même pas ?
KaedePardon ? J'ai annoncé quatre parties qui sont bien présentes. Il suffit juste d'ouvrir les yeux :)
Arnaud BoudouJe viens de lire tous les commentaires mais une question que je me pose. L'abstention est elle automatiquement l'expression d'un désintérêt pour la politique?
paupietteEn théorie oui. Si l'on veut montrer un intérêt mais que l'on refuse de choisir, il y a le vote blanc (billet vide ou avec une inscription quelconque autre que celle imprimée).
David LatapieMais:
- le vote blanc n'est pas connu de tous
- l'abstention est comptabilisée, pas le vote blanc. C'est une aberration, le vote blanc étant un vote, celui de ne choisir aucun des candidats en lice.
- beaucoup de gens, se disant qu'ils ne sont pas représentés ou que leur vote ne sert à rien, ne vont pas même voter. S'ils avaient l'impression que leur avis compte, ils entreprendraient des actions politiques (voter n'est pas la seule action politique, même si c'est en quelque sorte un minimum)
wah ....
germaineje ne pensais pas tout comprendre mais c'est bien écrit !!!
BRAVooo !!!
=)
Boouz
IL faudrait se poser les bonnes questions sur les raisons de ce désintéressement d?une partie des citoyens pour la politique qui les concerne pourtant au premier plan?
GastonJe pense que pour cela ne s?explique pas par un manque de civisme mais par le fait que ces personnes ne se sentent de moins en moins représentées. Il faut dire que le choix est très restreint. Nous avons la droite traditionnelle, la gauche caviar (hommes politique de droite avec l?hypocrisie en plus que l?on appèle « socialistes ») et enfin les partis extrêmes qui marchent pour la plupart à côté de leurs pompes et dont certains sont vicéralement anti-sémites?.
Instauré une certaine proportionnelle pourrait au moins en partie la solution en intéressant à nouveau ces personnes qui ont le sentiment le moment le sentiment que leur vote ne sert à rien. D?ailleurs ont-elles réellement torts?
bien ce ptit cite éclaire bien le probléme
stephmais a quand une solution?
Le désintérêt semble avoir été démenti par la forte participation aux présidentielles mais je me demande bien à quoi ça tient quand on n'a affaire qu'aux salauds de droite et aux cons de gauche.
fabertLa gauche dont le principe est de défendre les opprimés serait le plus bel idéal Mais l'extrême gauche ne fait que ressasser des mesures du 19° siècle et les roses croient devenir modernes en virant à droite !
http://ausecoursonnagededans.blogsp...