La NASA a décidé d'envoyer des hommes sur la Lune en 2018. Personnellement, j'aime ce genre de nouvelles.
Les étapes que j'aimerais bien voir de mon vivant (je ne compte pas mourir avant 2050... au moins).
- Une station spatiale internationale finalisée. ISS, c'est comme Hurd : on en parle beaucoup, il y a des petits morceaux qui fonctionnent, mais c'est encore loin de ce que l'on nous avait promis. Je ne demande pas non plus un hôtel spatial (les contraintes des rayonnements sont encore trop élevées pour ça), mais au moins une grande station à visées scientifiques, ou comme base de départ pour d'autres explorations.
- Pour alimenter cette station, un ascenseur spatial. Un bon point, le LiftPort Group a reçu l'aval de la FAA pour débuter des tests préliminaires sur cette technologie.
- Une base permanente sur la Lune. Toujours à des fins scientifiques, à l'image de la station Concordia, une base permanente ou semi-permanente serait un plus, et pourrait avoir une durée de vie plus longue qu'une station spatiale en orbite (si la station tourne autour de la Terre, c'est parce qu'elle tombe, lentement mais surement). Il reste toujours le problème des rayonnements solaires, mais celui-ci pourrait être compensé par une station en partie enterrée sous la surface lunaire. Cette même base, ou une autre, pourrait aussi servir de port d'escale pour des missions d'explorations plus lointaines : de par sa gravité moindre, la Lune permet de limiter la dépense de carburants pour l'expédition de satellites, sondes, etc.
- Une (ou plusieurs) mission d'exploration vers Mars. Ces missions pourraient être des étapes préalables à l'installation d'une base semi-permanente (ou permanente) sur la planète, avec peu ou prou les mêmes buts qu'une base lunaire. Autant les problèmes des rayonnements solaires sur Mars peuvent être relativement simples à régler, du fait d'une atmosphère même ténue, et de l'éloignement du Soleil, autant ces problèmes peuvent être cruciaux pendant les six mois de voyage aller (et autant au retour). Sans compter les réserves en nourriture, eau et oxygène, l'éloignement interdisant tout approvisionnement.
Les étapes que je ne pense pas voir de mon vivant.
- L'exploration humaine d'autres planètes du système solaire que Mars. Vu les durées actuelles pour planifier une mission martienne, et si les motivations ne changent pas d'ici là (ainsi que les techniques de propulsion), je ne pense pas que ça sera fait avant le siècle prochain. J'espère me tromper, mais je n'y crois pas trop.
- La colonisation civile de la Lune et Mars. Avant cela, il faudra résoudre plusieurs points importants : la protection contre les rayons solaires, le logement des colons, la création d'une économie locale qui ne dépende pas de la Terre, la fourniture en vivres et eau des colons (culture sous serre ?). De plus, ces colonies seront-elles indépendantes (donc création de nouveaux états), ou bien rattachées à un pays terrien? Quid des « enfants de l'espace »? Autant les terriens pourront facilement s'adapter à une gravité moindre en allant dans les colonies, autant l'inverse ne sera pas forcement vrai. Une gravité moindre entrainera une calcification moindre de l'ossature, ainsi qu'une musculature moins importante. Il se peut donc que les personnes nées dans les colonies spatiales, principalement lunaires, se voient interdits de voyage sur la Terre. Ils seraient dans ce cas les premiers extraterrestres que verra l'humanité. Autre problème dû aux distances séparant les colonies, la latence des communications entre une colonie et la Terre (ou entre plusieurs colonies). Ça va de 2 secondes pour la communication Terre <--> Lune, à plusieurs minutes pour la communication Terre <--> Mars. Autant il sera possible de conserver un réseau informatique entre ces différents points (en adaptant les valeurs de timeout à la distance de communication), autant à terme il devrait se développer des réseaux parallèles, interconnectées entre eux pour des besoins de communications non locales. Bref, ami joueur martien, ne compte pas jouer à CS avec ton copain terrien. Même la messagerie « instantanée » va être crispante.
- La terraformation de Mars. Autant vivre sous des dômes peut être une bonne base de départ pour la colonisation de planètes aux conditions non viables pour l'homme, autant terraformer celles-ci peut s'avérer une solution payante sur le long terme. Il est plus économique de vivre dans un environnement adapté que de s'adapter à cet environnement. En revanche, le terraformage durant d'autant plus longtemps que les conditions initiales s'éloignent des conditions terrestres (remarquez, à ce rythme, terraformer Vénus ne reviendra à rien faire, les conditions climatiques terrestres tendant à terme plus vers le modèle vénusien que martien), les générations initiant celui-ci n'en verraient pas le bout, laissant ça à leurs futurs descendants de plusieurs dizaines de milliers d'années au moins.
Les étapes que je ne souhaite pas voir (de mon vivant ou après).
- La militarisation de l'espace. On a assez de quoi s'occuper sur Terre avec ça, pas besoin d'exporter nos conneries.
- L'essoufflement de la conquête spatiale. C'est ce que je crains le plus : que la conquête spatiale n'avance pas plus que maintenant, et que l'on se contente d'envoyer des sondes et robots uniquement. Comme le disait Constantin Tsiolkovsky : « La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne vit pas dans un berceau pour toujours ». D'autant plus que vu comment évolue la biosphère terrestre, il va falloir se créer un autre ailleurs vivable (pour exporter notre pollution non ?).
Quelques questions légitimes.
Pourquoi dépenser de l'argent pour l'exploration spatiale, alors qu'il existe d'autres choses plus importantes ?
Pour l'aventure humaine, pour la science, pour assouvir notre curiosité naturelle. Sans ça, Christophe Colomb serait resté chez lui, les Amériques n'auraient jamais été colonisées (je ne parle pas des Européens, mais des humains qui ont colonisé le continent américain il y a plusieurs dizaines de milliers d'années). D'ailleurs, l'espèce humaine n'aurait jamais quitté le continent Africain. Mais à mes yeux, la raison la plus importante est le rêve : l'exploration spatiale me fait rêver.
On a tout pourri sur Terre, pourquoi aller pourrir les autres planètes ?
De toute façon, si on établit des bases lunaires ou martiennes, on va vivre pendant un bon bout de temps sous cloche, donc on ne va pas salir grand chose. Et jusqu'à preuve du contraire, Mars et la Lune sont de gros cailloux dénués de traces de vie. Donc autant creuser et les exploiter, pour une fois on ne dérangera personne. En revanche, je suis partisan de laisser tranquille toute planète sur laquelle existent des traces de vie, microbiennes ou animales. Tout d'abord d'un point de vue de santé, on ne sait jamais sur quels organismes pathogènes il est possible de tomber, et ensuite pour laisser ces planètes à l'exploration scientifique uniquement (mais pas la version « chasse scientifique » à la baleine du Japon).
Sinon, en terme de lectures qui complèteraient amplement ce billet :
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Commentaires
Une base sur la Lune ou sur Mars, j'en entends parler depuis que je suis né (il y a un peu plus de 30 ans). Cela fait rêver mais je me demande si cela existera un jour. A mon avis on aura détruit la viabilité de la Terre avant d'avoir les moyens de construire des bases sur d'autres planètes.
ericBon, alors, on va décevoir (un peu) Arnaud
David Latapie- blog.empyree.org/?2005/06... C'est le fric qui est derrière (Verrouiller l?espace pour l?exploiter). Par exemple, la fusion nucléaire controlée (le projet ITER), ça nécessite de l'helium-3, que l'on trouve dans l'espace (blog.empyree.org/?2005/07...
- ll y a quelques signes, qui doivent etre confirmés, de vie sur Mars
Je finirais quand meme d?accord avec toi
(blog.empyree.org/?2005/02...
Pourquoi aller sur Mars
Il faut aller sur Mars, parce qu?il s?agit d?un défi formidable à relever. Les civilisations ont besoin de se mesurer à de tels défis pour se développer. La guerre a longtemps joué ce rôle. Il faut trouver maintenant d?autres motifs de dépassement.
Je ne suis pas d'accord en ce qui concerne l'exploration de Mars, au moins en ce qui concerne l'homme, il est évidant que nous rêvons tous de voir l'un d'entre nous marcher à la surface d'une autre planète, mais est-ce raisonnable? pourquoi envoyer des hommes, en entreprenant ainsi une mission, très couteuse, très risquée, alors que l'on peut envoyer des robots bien plus erfectionnés, plus rapidement, moins cher, moins risqué, et plus efficace!! que peut faire l'homme si ce n'est marcher, regarder, et rapporter ce que nous avons déjà!! Non, je crois que pour le moment, tant qu'un projet solide comme l'installation d'une base durable n'aura pas été mis en place, et que ce projet n'aura pas été testé à moindre échelle, je veux parler d'une base lunaire) je crois qu'il est inutile de penser à un telle mission, du moins, pas dans les 30 années à venir... Cela va rester dans le domaine du rêve...
nico++
Je pense que la technologie qui serait la plus à même de nous ouvrir les portes de l'espace, à nous non-spationautes professionnels, bref citoyens 'lambda', c'est bien l'ascenseur spatial décrit dans un lien plus haut.
RolandCe n'est que très récemment qu'on commence enfin à produire à grande échelle la matière ultra-résistante (100 fois plus solide que l'acier, six fois plus légère et composée de nanotubes de carbone) qui permettra la réalisation de cette invention.
A signaler que c'est une entreprise française - voir www.arkemagroup.com/arkem... - qui va commencer à produire cette matière par tonnes (10 tonnes par an)
Il en faudra des milliers pour réaliser un grand ascenseur allant depuis la Terre jusqu'à l'orbite géostationnaire, mais c'est un début, il y a encore un an, on ne savait produire que quelques fibres. Les choses devraient s'accélérer.
Ceci dit, il existe depuis des années des matériaux certes moins solides et moins légers, mais suffisants pour construire un type d'ascenseur spatial dont le câble serait beaucoup plus court, dont le haut serait sur orbite relativement basse, et dont la partie basse effleurerait le haut de l'atmosphère.
Un avion-fusée incapable d'atteindre la vitesse orbitale, tel Spaceshipone de Burt Rutan, bondirait hors de l'atmosphère pour s'accrocher au bas de ce câble d'ascenseur court (de 'seulement' quelques milliers de kilomètres plutôt que de plusieurs dizaines de milliers pour l'ascenseur le plus connu)
Au bas de l'ascenseur l'avion-fusée s'accrocherait donc à une station (ou hub, comme disent les anglo-saxons) et resterait accroché, ne retombant plus vers la Terre.
En effet, à la vitesse suborbitale à laquelle le hub et la navette évolueraient, une partie d'une pesanteur de type terrestre subsisterait dans l'avion-fusée et l'intérieur du hub dans lequel les passagers débarqueraient. De là ils emprunteraient une grosse cabine d'ascenseur spacieuse et confortable et monteraient en quelques heures le câble jusqu'à une station spatiale en orbite. Là, la pesanteur aurait disparu. L'orbite serait atteinte avec un avion-fusée beaucoup plus petit et robuste que la navette spatiale américaine qui a montré ses limites en matière de sécurité et de prix de mise sur orbite.
Chose intéressante, les voyageurs pourraient prendre une autre grosse cabine qui continuerait à monter plus haut pour arriver à une station qui se déplacerait à une vitesse supérieure à la vitesse orbitale. Cette station serait soumise à une force centrifuge. Tout engin spatial ammarré à cette station qui s'en détacherait serait projeté comme par une fronde vers l'espace lointain, par exemple la Lune, Mars ou même Saturne, et cela sans qu'il ait à consommer d'énergie, sauf pour freiner et attérrir à l'arrivée.
Autre chose amusante : Une pesanteur plus faible que la pesanteur terrestre subsisterait dans cette station vers l'infini, mais à l'envers ! Les passagers se retrouveraient la tête en bas, marchant comme des mouches sur un plafond. Relevant la tête pour regarder à travers une baie vitrée, ils verraient notre planète Terre et le câble partant vers elle et les stations orbitales et d'arrimage situées plus bas.
Pour plus d'infos et si vous ne craignez pas trop de lire la langue de Shakespeare, voici un lien intéressant illustré : members.aol.com/Nathan2go...
L'un des deux parlant d'un projet d'hôtel orbital accessible par un ascenseur court comme celui que j'ai décrit.
Ah, j'oubliais de vous dire, un des matériaux qui permettraient de construire dès aujourd'hui cet ascenseur court est le câble en Spectra 2000, qui sert à fabriquer des filets de pêche industrielle solides et légers.
Ce type de câble spatial pourrait ouvrir les portes de l'espace à l'humanité tout entière avec des budgets beaucoup plus restreints, aussi bien pour le transport des humains que pour l'envoi de sondes automatiques d'exploration.
Bien sûr, le budget d'investissement de départ serait colossal, mais ce type d'ascenseur pourrait être utilisé et réutilisé durant plusieurs décennies, permettant un rapide amortissement.
Vous me direz : Il ya des météorites et des débris de la conquête spatiale là haut, ses câbles d'ascenseurs se feront trancher en quelques jours !
Eh bien non ! Un câble 'tressé' de plusieurs câbles, comme une sorte de broderie, continuerait à assurer son rôle de soutien même si plusieurs de ses sous-câbles seraient coupés.
D'autres types de câbles spatiaux, tournoyants ceux-là, comme le Lunavator (voir liens à la page : members.aol.com/Nathan2go... sont peut-être encore plus prometteurs. Mais si la NASA a déjà fait des tests avec des câbles 'fixes', je ne crois pas qu'elle ait expérimenté avec des câbles rotatifs.
Je décrirai ces derniers plus tard, si vous n'êtes pas contre que je revienne un jour participer à ce blog si intéressant.
En tout cas, j'espère moi aussi vivre assez longtemps pour voir l'installation de l'homme hors de sa planète d'origine.
Bonne continuation à tous.